Tout cela pour dire que j'ai énormément de mal à écrire des article ces temps-ci.
Ceci dit, le traitement de l'actualité n'est parfois pas moins absurde que cet article. Les faits, supposés bruts et objectifs, régulièrement assénés par les
médias, ne présentent souvent aucune tentative de mise en lien de différents éléments, et sont simplement sélectionnés et remodelés selon les exigences de la mode, parfois jusqu'au ridicule. On a
pu lire le 25 septembre, à propos d'un accident par ailleurs préoccupant :
"Sylvain Garel, élu Verts du Conseil de Paris, a été agressé lundi par le rottweiler d'une société de vigiles, alors même que la multiplication des incidents impliquant des chiens relance le
débat sur la législation concernant ces animaux.
[...]
"On voulait empêcher qu'une pelleteuse entre sur le chantier", a raconté M. Garel, une figure de la gauche des Verts. Il s'est couché devant la voiture des vigiles, dont un, selon lui, a démuselé
son chien qui l'a mordu au bras droit."
source : Actualités Orange
Ou comment ramener une agression anthropique (on ne peut pas reprocher à un chien de garde d'attaquer, mais bien tenir responsable le vigile de l'y inciter ou de ne pas réussir à l'en empêcher) à
une série d'accidents canins dont la pseudo-"multiplication" n'est de toute évidence qu'une sensibilité accrue et donc une sélection des faits à la suite de la mort tragique d'une petite
fille.
Le propos n'est certainement pas de dire qu'on fait tout un foin d'un problème qui ne mérite pas tant d'attention. Tant mieux si on parvient à empêcher par de nouvelles réglementations
pertinentes des drames susceptibles d'être réglés par ce biais. Heureusement que la mort d'une enfant est considérée comme intolérable. Mais l'aggression apparemment volontaire d'un élu n'a rien
à voir avec le problème. Il serait peut-être plus intéressant d'essayer de la relier à la violence du discours politique, par exemple. Est-ce un accident ponctuel, un acte violent individuel, ou
un trait culturel émergent ?
Malheureusement, la myopie des médias atteint les politiques :
"Yves Pozzo di Borgo, président du groupe Nouveau Centre au Conseil de Paris, a exprimé sa "sympathie" à Sylvain Garel.
Le sénateur a assuré que les projets législatifs et réglementaires en préparation "ne devraient pas se limiter à améliorer la prévention envers les chiens dangereux dans la sphère privée, comme
le laissent entendre de récentes déclarations ministérielles, mais bien en interdire tout simplement la possession, à l'exclusion des forces de l'ordre"."
Que dire ? Le problème de l'agression de M. Garel n'est pas une question de législation sur les chiens dangereux, mais pose la question de l'intentionnalité. La réaction du sénateur ne serait
envisageable que si le caractère accidentel avait été démontré : le gardien aurait perdu le contrôle de l'animal par manque de formation ou dangerosité excessive du chien. Puisque M. Garel compte
porter plainte contre les vigiles, ce n'est de toute évidence pas le cas. Dès lors, la législation sur les chiens dangereux n'est qu'un aspect du problème, assez mineur si on le compare avec la
volonté de blesser quelqu'un qui manifeste pacifiquement.
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