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Mardi 25 septembre 2007
Reposant avec insistance la question du degré de dangerosité de certaines races de chien, l'agression qui hier a conduit à la mort du célèbre artiste fait la une des médias. Au cours d'une ultime représentation, à l'âge de 84 ans, le mime Marceau, de son vrai nom Marcel Mangel, s'est fait attaquer par un chien présent dans l'assemblée pour des raisons encore ignorées. Une enquête a été ouverte. Certains témoins présents affirmeraient que l'artiste mimait un os peu de temps avant le drame.

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Tout cela pour dire que j'ai énormément de mal à écrire des article ces temps-ci.

Ceci dit, le traitement de l'actualité n'est parfois pas moins absurde que cet article. Les faits, supposés bruts et objectifs, régulièrement assénés par les médias, ne présentent souvent aucune tentative de mise en lien de différents éléments, et sont simplement sélectionnés et remodelés selon les exigences de la mode, parfois jusqu'au ridicule. On a pu lire le 25 septembre, à propos d'un accident par ailleurs préoccupant :


"Sylvain Garel, élu Verts du Conseil de Paris, a été agressé lundi par le rottweiler d'une société de vigiles, alors même que la multiplication des incidents impliquant des chiens relance le débat sur la législation concernant ces animaux.

[...]

"On voulait empêcher qu'une pelleteuse entre sur le chantier", a raconté M. Garel, une figure de la gauche des Verts. Il s'est couché devant la voiture des vigiles, dont un, selon lui, a démuselé son chien qui l'a mordu au bras droit."

source : Actualités Orange


Ou comment ramener une agression anthropique (on ne peut pas reprocher à un chien de garde d'attaquer, mais bien tenir responsable le vigile de l'y inciter ou de ne pas réussir à l'en empêcher) à une série d'accidents canins dont la pseudo-"multiplication" n'est de toute évidence qu'une sensibilité accrue et donc une sélection des faits à la suite de la mort tragique d'une petite fille.

Le propos n'est certainement pas de dire qu'on fait tout un foin d'un problème qui ne mérite pas tant d'attention. Tant mieux si on parvient à empêcher par de nouvelles réglementations pertinentes des drames susceptibles d'être réglés par ce biais. Heureusement que la mort d'une enfant est considérée comme intolérable. Mais l'aggression apparemment volontaire d'un élu n'a rien à voir avec le problème. Il serait peut-être plus intéressant d'essayer de la relier à la violence du discours politique, par exemple. Est-ce un accident ponctuel, un acte violent individuel, ou un trait culturel émergent ?

Malheureusement, la myopie des médias atteint les politiques :

"Yves Pozzo di Borgo, président du groupe Nouveau Centre au Conseil de Paris, a exprimé sa "sympathie" à Sylvain Garel.

Le sénateur a assuré que les projets législatifs et réglementaires en préparation "ne devraient pas se limiter à améliorer la prévention envers les chiens dangereux dans la sphère privée, comme le laissent entendre de récentes déclarations ministérielles, mais bien en interdire tout simplement la possession, à l'exclusion des forces de l'ordre"."

Que dire ? Le problème de l'agression de M. Garel n'est pas une question de législation sur les chiens dangereux, mais pose la question de l'intentionnalité. La réaction du sénateur ne serait envisageable que si le caractère accidentel avait été démontré : le gardien aurait perdu le contrôle de l'animal par manque de formation ou dangerosité excessive du chien. Puisque M. Garel compte porter plainte contre les vigiles, ce n'est de toute évidence pas le cas. Dès lors, la législation sur les chiens dangereux n'est qu'un aspect du problème, assez mineur si on le compare avec la volonté de blesser quelqu'un qui manifeste pacifiquement.

Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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Dimanche 23 septembre 2007
Reposant avec insistance la question du degré de dangerosité de certaines races de chien, l'agression qui hier a conduit à la mort du célèbre artiste fait la une des médias. Au cours d'une ultime représentation, à l'âge de 84 ans, le mime Marceau, de son vrai nom Marcel Mangel, s'est fait attaquer par un chien présent dans l'assemblée pour des raisons encore ignorées. Une enquête a été ouverte. Certains témoins présents affirmeraient que l'artiste mimait un os peu de temps avant le drame.

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Tout cela pour dire que j'ai énormément de mal à écrire des article ces temps-ci. 
Par Epiméthée
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Jeudi 6 septembre 2007
Dans Totem et Tabou,  Sigmund Freud observe  qu'au sein des sociétés primitives, la transgression d'un tabou appelle souvent un châtiment terrifiant, particulièrement cruel, visant l'anéantissement de la personne du transgresseur.  Il interprète cette tendance en mettant en avant le fait que si le tabou existe,  c'est (entre autres éléments) que la pulsion que ce tabou interdit  est pregnante.  En d'autres termes :  on ne ferait pas tout un char  de l'interdiction  de quelque chose que de toute façon personne  ne  voudrait réaliser.  La personne qui transgresse le tabou risque donc de donner  l'exemple, de libérer les pulsions contenues des autres, d'abord simplement en montrant la possibilité de  dépasser l'interdit.


L'interprétation que  donne Freud  du risque  d'une  libération d'un tabou en cascade (un  transgresseur donnant l'exemple serait suivi par d'autres,  soudainement décomplexés)  s'applique à de nombreuses situations,  heureuses ou non.  Elle nous fournit sans aucun doute un angle d'attaque pour observer ce qui s'est déroulé ces derniers jours à propos  de la peine de mort, dont l'abolition française n'est pas trentenaire.


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On se souvient que le père du petit Enis, dans une interview réalisée par Karl Zero, a affirmé que Nicolas Sarkozy s'était déclaré favorable à la peine de mort devant lui, ce que l'Elysée a formellement démenti.  Notons tout de suite qu'à l'occasion de la pendaison de Saddam Hussein, Nicolas Sarkozy avait rappelé son opposition à la peine de mort, opposition qu'on peut encore retrouver sur le site de l'UMP.
Le 5 septembre, dans l'émission de France 5 « C à dire ?! », le père d'Enis a dit à  demi-mot, mais sans aucun doute possible, qu'il aurait souhaité être mis en présence du pédophile pour le tuer.
La veille, Michel Sardou questionné sur M6 par Marc-Olivier Fogiel sur la légitimité de la peine de morts pour les tueurs ou violeurs d'enfants (en renvoyant à une ancienne polémique autant que à l'actualité), a utilisé des mots très crus pour expliquer que dans un pareil cas,
"tu vas penser une seconde à la loi, à la morale ? [...] Je lui tire une balle dans la tête."

On pourrait s'attarder sur la question de fond, le faux paradoxe de la légitimité du sentiment et de l'illégitimité de sa mise en oeuvre, mais c'est une autre question qui retiendra notre attention.

On trouve, parmi les quelques sites qui proposent de voir l'extrait de cette émission, la page suivante :
http://www.dailymotion.com/video/x2xshl_sardou-chez-fogiel-040907_politics

 La personne qui propose cette vidéo indique au-dessous, après les informations générales sur l'émission :

"Il a raison lorsqu'il dit que si tu chope le mec qui a tué ton enfant que tu ne vas pas penser à la Loi. Moi perso je n'y penserais pas, je ferais pareil que lui,... je le bute !
Je pense même qu'on devrait rétablir la peine de mort pour les pédophiles, les meurtriers en série ainsi que pour les violeurs en général. On paye déjà assez dans notre sociétés pour cesser de payer pour eux !

ps: tous propos racistes ou haineux seront supprimés."


Suit une liste assez longue de commentaires majoritairement dirigés conte la gauche.

Cette formulation d'une opinion bien répandue n'a que peu d'intérêt en apparence. Mais de plus près, elle peut éclairer notre propos. On peut logiquement déduire du post scriptum que les propos qui précèdent ne sont pas considérés comme haineux. Cette implication, en contradiction flagrante avec le ton, la ponctuation, et surtout l'expression "je le bute" suggère un déplacement du seuil de tolérabilité du discours en réaction à une parole médiatisée qui brise (relativement) un tabou. La parole semble se libérer, se banaliser.

Le discours violent médiatisé est considéré comme acceptable, c'est-à-dire répondant aux critères de la discussion civique d'où sont bannis tous les "propos racistes ou haineux". C'est cet enchaînement, certes un peu extrapolé, qui nous intéresse ici.


Pendant la campagne présidentielle, la majorité des articles de ce blog concernaient des phénomènes analogues, mais qui avaient pour point de départ les discours de Nicolas Sarkozy, ce qui, comme on peut l'espérer, n'est pas le cas ici. L'adhésion viscérale qui peut s'emparer de nous lors de certains discours (réflexe de vengeance, de xénophobie, désignation d'un bouc-émissaire qui simplifie la compréhension du monde ou de l'histoire) ne se situe pas sur le plan de l'intelligence civique. Mais quand ce discours reçoit la caution d'une autorité politique, ou tout simplement d'une personnalité médiatisée, ceux qui ressentent cette adhésion s'en trouvent décomplexés, et susceptibles de l'assumer au-delà des limites culturelles habituelles.

Dans la tension qui permet à la peine de mort de continuer à être ignorée en France, cet épisode, au-delà du drame qui en est le point de départ, est sans doute mineur. Il n'a en tout cas pas entraîné de véritable remise en question et de débat sur la légitimité de la peine de mort. Tant mieux. Ce n'est pas une raison pour ne pas rester vigilant.


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Par Epiméthée
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Lundi 7 mai 2007



   L'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République rend certainement beaucoup plus nécessaire encore l'analyse de ses discours. La caution supplémentaire, celle du suffrage universel, qui vient de leur être accordée ne peut manquer de contribuer à entériner les mythes développés par notre nouveau président - entre autres le choc des civilisations, la pédophilie génétique, le maghrébin caricatural, etc.- et par ailleurs suggère que ces mythes sont plus ou moins partagés par une grande partie de l'électorat.

   Plus que précédemment donc, il faudra s'efforcer de reconnaître ces mythes pour ce qu'ils sont : la projection de valeurs, de craintes, de fantasmes sur la réalité ;  cette projection ne se connaît pas elle-même, même quand les faits l'infirment. Les heurts, et la répression radicale, qui ont accompagné l'élection de Nicolas Sarkozy ne vont ainsi pas être interprétés par l'intéressé comme un indice de sa propension à générer de la violence, comme nous le croyons et l'avons développé dans la plupart des articles précédents. Au contraire, le mythe s'en nourrira, sans doute en ramenant ces heurts à des conséquences improbables d'un mai 68 bouc-émissaire.

   Et que faire d'autre sinon crier au mythe ?





Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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Jeudi 3 mai 2007
 

  Suite au précédent article, je dois reconnaître effectivement qu'une part des critiques adressées à Nicolas Sarkozy sans mesure relève sinon d'une diabolisation, au moins d'une stigmatisation fantasmatique, plus qu'exagérée, sans aucun doute contre-productive, présentant un Nicolas Sarkozy fascite, aspirant dictateur, très éloigné de la réalité. Malheureusement, les partisans de Nicolas Sarkozy peuvent ainsi souvent dénoncer comme entreprise de diabolisation haineuse une tentative de bonne foi, et bien intentionnée, comme l'est je le crois le texte présenté dans un précédent article.

  Toujours à propos de ce document, et cette fois notamment du côté des opposants à Nicolas Sarkozy, un certain type d'arguments a régulièrement désavoué la démarche qui peut transparaître de ce texte, proche à mon sens de la ligne directrice de ce blog. La critique est la suivante : à quoi bon dénoncer des poses électoraliste de Nicolas Sarkozy ? Le flirt avec les thèmes du FN ne signifie pas que le candidat de l'UMP est personnellement raciste, les provocations (le mouton dans la baignoire, l'ordre des Barbus, le Kärcher, l'hystérie) relèvent de l'opportunisme politique et n'impliquent pas une adhésion intellectuelle de celui qui tient ces propos, les simplifications (le mythe du choc des civilisations, le mythe de mai 68 origine du déclin moral français), au final, ne sont elles aussi qu'une manière de glisser sur des thèmes à la mode. Combien naïfs dès lors ceux qui, dénonçant ces déclarations, ne voient pas la distance qui les sépare d'un Nicolas Sarkozy poseur. L'élection passée, il gouvernera probablement comme la droite l'a fait jusqu'ici, mais certainement pas en fondant son action sur ses propos provocateurs.


   Il y a à mon sens une troisième manière de voir. Qu'importent les intentions de Nicolas Sarkozy, les raisons réelles de ses propos, ces déclarations, leur retentissement, peuvent avoir des conséquences qui échappent à l'homme politique. La banalisation de la caricature de l'immigré maghrébin, dans un contexte de racisme ambiant, tel qu'observé par le Bureau International du Travail en France le mois dernier par exemple, confortera très certainement les employeurs dans leur attitude discriminatoire. La radicalisation du discours est elle aussi préoccupante : que devra faire le prochain provocateur pour attirer l'attention ? Si des expressions comme l'ordre des barbus, des amalgames xénophobes, reçoivent la caution du suffrage universel, la respectabilité d'une vie politique républicaine, que dira le prochain poseur ?
   Dernier point, la brutalisation, encore légère, du champ politique ne se traduit pour l'instant que peu dans la société (sinon dans les banlieues ou dans la gare du Nord, en tout cas de manière sporadique). Mais une crise économique aggravée pourrait suffire à radicaliser encore le langage politique et à traduire dans la société civile cette violence verbale en aggressivité physique.

   Etre préoccupé par les conséquences possibles, et sans doute non désirées, des propos de Nicolas Sarkzoy n'est pas diaboliser sa personne. Ce n'est pas non plus ignorer la distance qui sépare un poseur de ses déclarations.

Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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Lundi 30 avril 2007
On trouvera le communiqué de la LDH ici : LDH


   On peut en profiter pour mentionner une situation récurrente lors de discussions avec des partisans convaincus du candidat de l'UMP à l'élection présidentielle. Un sentiment d'inconpréhension transparaît souvent, la certitude de la bonne foi de Nicolas Sarkozy, de son respect pour les valeurs fondamentales de la République, les discours excessifs (fascisation complète de la figure du candidat) poussent souvent ces personnes à percevoir les vives inquiétudes sur les conséquences d'une élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République comme un alarmisme déplacé, voire une diabolisation, thème repris par l'intéressé lui-même, sur lequel nous reviendrons demain.

   Que dire ?  Séparer les intentions des conséquences, postuler la bonne foi de Nicolas Sarkozy, de ses partisans, pour des résultats médiocres selon ma propore expérience. Je comprends leur sentiment sans changer d'avis sur le caractère dangereux d'une éventuelle élection de N. Sarkozy.

   Les suggestions sont les bienvenues.
Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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Lundi 30 avril 2007
Pour une raison inconnue, la pétition a disparu (pas de paranoïa).
Les conseils sont bienvenus.
Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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Dimanche 29 avril 2007
La pétition annoncée il y a quelques articles est en ligne.

   Si vous allez voter Ségolène Royal sans adhérer à ses propos, son projet, etc., et que votre abnégation ne va pas jusqu'à le faire dans la joie, vous pouvez consulter puis signer cette pétition en cliquant ici  ce lien ne marche plus

Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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Dimanche 29 avril 2007
   Par la voie du bouche à oreille électroniques circule sur la toile un texte d'une page sur le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle. Un moyen concis de rappeler les faits principaux qui font de la possibilité d'un quinquennat sarkoziste une perspective inquiétante.


Les aveugles guident les aveugles ou La chute des aveugles,
Bruegel l'Ancien, Naples, Museo Nazionale di Capodimonte



Je reproduis ici ce texte :


Pourquoi il ne faut pas élire M. Sarkozy


Le texte qui suit n'est issu d'aucun parti. Il évite volontairement de discuter du programme politique du candidat de l'UMP, pour aborder des points qui - nous le croyons - doivent inquiéter tout démocrate, de gauche comme de droite. Auteurs de cet article, nous nous considérons politiquement modérés ; nous avons voté Lionel Jospin en 2002 et François Bayrou en 2007.


Nicolas Sarkozy fait reculer les partis d'extrême-droite, mais progresser leurs idées. Faire baisser le vote FN est une intention louable ; hélas la stratégie de M. Sarkozy a été de changer le flacon, mais pas l'ivresse. Dorénavant, un électeur proche des idées frontistes peut voter pour un homme reprenant les mêmes thèmes - au moins partiellement - et qui contrairement à M. Le Pen a de fortes chances d'arriver au pouvoir. Parmi ces thèmes, l'identité nationale bien sûr, ou le nécessaire amour de la France pour y vivre (aimez-la ou quittez-la). S'y ajoutent, de manière tout aussi préoccupante, les nombreux amalgames1, le choc des civilisations2, l'immigration choisie et les expulsions brutales.

Nicolas Sarkozy ne respecte pas, dans les faits, la séparation des pouvoirs. Au cours de ces cinq dernières années, le candidat de l'UMP en a fait plusieurs fois la démonstration en intervenant au-delà de ses portefeuilles ministériels, à propos de l'éducation par exemple, ou, de manière plus frappante, par rapport à l'indépendance de la justice. Il y eut aussi la confusion généralisée entre le Ministre de l'Intérieur et le candidat à l'élection présidentielle, ce dernier utilisant les services (RG) de ce premier pour sa campagne3. Ses nombreuses accointances avec les propriétaires des grands groupes de presse ne sont pas rassurantes ; tout en refusant de faire un procès d'intentions à propos de sa connivence avec les journalistes, il faut tout de même relever certains faits troublants : le licenciement d'Alain Genestar4, le fameux coup de fil à M. Elkabach5, la non parution d'un livre déjà imprimé à 25 000 exemplaires6, les menaces proférées contre la rédaction de France 37, etc.

Nicolas Sarkozy n'est pas un garant fiable de la liberté du peuple. Ses mesures, comme la généralisation des prélèvements ADN, la création d'un fichier échappant au contrôle de la justice et recensant tous les crimes et délits signalés dans les commissariats8, sont des moyens de surveillance extrêmement puissants dans les mains de l'État, et pas forcément pour le bien commun, surtout en l'absence de garantie crédible du maintien des libertés individuelles9. Et c'est de peu seulement que nous échappons (pour cette fois) à la carte d'identité électronique lisible à distance et sans que le détenteur ne puisse s'en rendre compte10. Le gouvernement auquel Nicolas Sarkozy appartenait encore il y a peu est sur le point de faire passer un décret demandant d'enregistrer toute l'activité des internautes11.

Nicolas Sarkozy n'est pas, de facto, laïque. S'éloignant sensiblement de la loi de 190512, il n'hésite pas à se signer lors de cérémonies officielles, ce qui est inédit pour un représentant de l'État. Promoteur de l'intervention du religieux dans la vie publique, il le mêle aussi dans ses discours13. Partisan de la discrimination positive, il tend à fonder celle-ci sur la religion14.

Nicolas Sarkozy est prêt à transiger avec la vérité, en déformant volontairement les faits. Depuis que les forces de l'ordre doivent faire du chiffre, on sait que les plaintes baissent. Les statistiques officielles sont présentées à leur avantage, c'est à dire sans insister sur les violences aux personnes15. Lors des émeutes de novembre 2005, Nicolas Sarkozy a affirmé sans aucune preuve que les émeutiers étaient organisés et manipulés, ce qui a été aussitôt démenti par les RG16.

Nicolas Sarkozy n'est pas un homme de paix. Par ses propos violents ("racaille", "Kärcher"), sa politique du tout répressif et l'organisation d'opérations de police surdimensionnées et surmédiatisées, Nicolas Sarkozy a braqué les uns contre les autres ; aujourd'hui le moindre incident peut devenir le déclencheur d'émeutes (à la gare du Nord par exemple). Les forces de l'ordre sont de plus en plus puissantes et potentiellement17 belliqueuses : nouvelles recrues, nouvelles armes dont le but est de faire usage, fin de la proximité avec les citoyens. Et leur action paraît de plus en plus décomplexée : arrestations devant les écoles et arrestations punitives pour ceux qui résistent18, arrestations devant les restaurants du coeur19 ou déguisées en convocation à la préfecture20, non intervention lorsque des manifestants se font agresser21.

Nicolas Sarkozy n'a pas une pensée humaniste. Lorsqu'il affirme que le suicide et la pédophilie sont génétiques22, Nicolas Sarkozy montre qu'il est capable d'avancer, contre le consensus scientifique23, des idées anti-humanistes. Cela montre également le peu d'espoir qu'il a de réinsérer les criminels. Les prisons françaises déjà trop remplies ont été surpeuplées dans des conditions inhumaines à cause de ses politiques répressives. Sa loi sur le racolage passif a renvoyé les prostitué-e-s dans la quasi-clandestinité avec toute l'insécurité qui en résulte.


Si rien ne peut nous faire douter du profond respect du suffrage universel par Nicolas Sarkozy, de nombreux faits et déclarations de ces cinq dernières années nous portent à croire qu'une fois élu, il remettra en cause des valeurs tout autant indispensables à la démocratie tels que la séparation des pouvoirs, la laïcité, la paix civile, l'humanisme ou la liberté, et ce quelles que louables soient ses intentions. C'est pourquoi nous croyons que la France court un vrai danger s'il est élu, et appelons à voter contre lui le 6 mai 2007.


_________________________________________________________________


   
J'espère que le texte vous sera utile, pour convaincre ou être convaincu.



  
Si vous voulez le diffuser, vous trouverez ici une version pdf : pourquoi il ne faut pas élire Nicolas Sarkozy



1Dénoncés entre autres par M. Azouz Begag : Le Figaro du 6 avril 2007, Azouz Begag : Nicolas Sarkozy, 'mon ennemi de l'Intérieur'

2http://www.epimethee.org/article-5564762.html

3Les RG ont enquêté sur un membre de l'équipe Royal, Le Monde du 26 janvier 2007

4Selon Alain Genestar, Nicolas Sarkozy est à l'origine de son licenciement. Le Monde du 17 Novembre 2006

5Europe 1 prête pour 2007, l'Humanité du 10 mars 2007

6cf. le Canard Enchaîné du 15 novembre 2006, ou l'article Les Sarkozy font de la censure de l'Express du 18 novembre 2006

7Le Canard Enchaîné, 21 mars 2007

8Le STIC, voir les abus dénoncés par le Canard Enchaîné du 18 octobre 2006

9Les associations s'inquiètent d'un affaiblissement des pouvoirs de la CNIL et Libertés rognées respectivement article et éditorial du journal Le Monde daté du 1er août 2004

10Une campagne est lancée contre la carte d'identité électronique, Le Monde du 26 mai 2005

11Messages dans les blogs compris : Liberté numérique, éditorial du journal Le Monde daté du 21 avril 2007.

12Nicolas Sarkozy insiste pour modifier la loi de 1905, Le Monde du 21 octobre 2005

13Exemple : discours de Nicolas Sarkozy à Rouen, 24 avril 2007

14«100 Minutes pour convaincre», France 2, 20 novembre 2003, Nicolas Sarkozy annonce de la nomination d'un "préfet musulman"

15Les violences contre les personnes ont augmenté de 43 % depuis 2002, Le Monde du 12 janvier 2007

16L'hypothèse d'émeutes 'organisées' paraît peu vraisemblable, Le Monde du 4 novembre 2005

17Ce bellicisme déplaisant aussi à de nombreux policiers, cf Christian Mouhanna : 'Le malaise entre jeunes et policiers est généralisé', Le Monde du 29 mars 2007

18Vives réactions après la garde à vue d'une directrice d'école, le monde du 24/04/2007, et le Canard Enchaîné du mercredi suivant

19Mardi soir, à Paris, la police les a attendus près du Restos du coeur de République, Libération du 2 février 2007

20Dépêche AFP du mardi 20 février 2007, 19h33 : La Cour de cassation juge illégale l'arrestation de sans-papiers convoqués en préfecture

21Début de polémique sur l'inaction de la police pendant les manifestations, Le Monde du 24 mars 2006

22Philosophie Magasine numéro 8, Nicolas Sarkozy et Michel Onfray - CONFIDENCES ENTRE ENNEMIS

23Les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l´origine génétique la pédophilie et du suicide des jeunes, chat avec Axel Kahn sur les forums internet du Nouvel Observateur.


Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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Mercredi 25 avril 2007
   Je mettrai en ligne ce soir un manifeste destiné d'abord peut-être à soulager un peu la frustration et l'énervement de ceux qui voteront Ségolène Royal au second tour sans adhérer, au contraire, à la forme de politique qu'elle promeut, mais pour s'opposer à Nicolas Sarkozy.
 
   En voici le texte provisoire :

   En votant Ségolène Royal, nous ne voterons pas pour elle, mais contre Nicolas Sarkozy

   Une pétition pour que se fassent entendre tous ceux qui voteront Ségolène Royal non parce qu’ils adhèrent à son projet, mais pour éviter d’avoir Nicolas Sarkozy président de la République.

   Comme lors de la dernière élection présidentielle déjà, nous sommes un nombre non négligeable d’électeurs à voter non pour les idées d’un candidat, mais pour faire barrage à son opposant. Comme ces cinq dernières années l’ont illustré, il est probable que le message porté par ces bulletins de vote soit ignoré, quels que soient les résultats. C’est pour que ce message ne soit pas ignoré que nous avons entrepris et signé ce manifeste.

   Cette pétition entend donner une dimension nouvelle et une visibilité partielle à cette situation frustrante et politiquement insatisfaisante d’un vote sans adhésion. Elle concerne tous ceux qui, sans être pleinement convaincus par le discours de la candidate socialiste, voteront pour cette dernière pour s’opposer aux évolutions inquiétantes que Nicolas Sarkozy a engagées ces cinq dernières années, ou projetées pour les cinq prochaines.

    Le bulletin que nous allons glisser dans l’urne le 6 mai 2007 sera celui de Ségolène Royal. Mais nous ne voterons pas pour elle. Nous voterons contre Nicolas Sarkozy.


   Vos critiques sont les bienvenues.
Epimethée


Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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