Il y a beaucoup à dire sur ce discours du candidat de l'UMP.
(http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/nicolas_sarkozy_a_perpignan)
Quelques aspects nous semblent parmi les plus préoccupants : l'affirmation décomplexée de la légitimité de la morale dans le champ politique, une vision mythique de mai 68 et le thème du choc des civilisations, auquel cet article est consacré. "Je souhaite qu’on ne puisse pas s’installer durablement en France sans se donner la peine d’écrire et de parler le Français. Je souhaite qu’on ne puisse pas vivre en France sans respecter sa culture et ses valeurs. Ceux qui veulent soumettre leur femme, ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l’excision ou le mariage forcé, ceux qui veulent imposer à leurs sœurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite ne sont pas les bienvenus sur le territoire de
[à propos d'une Union Méditerranéenne] Il s’agit d’une perspective de civilisation. Il s’agit d’imposer le dialogue des civilisations là où le choc des civilisations menace toute la paix du monde."
L'article sur la question du racisme en puissance des discours du candidat de l'UMP contiennent quelques pistes qui sont applicables à ces extraits.
Nous reconnaissons à nouveau une structure du discours de Nicolas Sarkozy, consistant à énoncer des éléments avec lesquels il est difficile de ne pas être d'accord (condamnation de la violation des droits de la femme), mais avec une forme ou un choix des mots qui impliquent tacitement autre chose, cette fois beaucoup plus problématique.
Ici, il s'agit principalement d'amalgames tout à fait susceptibles de nourrir un système de pensée raciste. L'accumulation d'éléments dessine les contours d'une image plus que caricaturale du musulman maghrébin ou africain.
Si l'on se tourne vers la phrase précédente, ("Je souhaite qu’on ne puisse pas s’installer durablement en France sans se donner la peine d’écrire et de parler le Français") un autre biais apparaît. L'expression "sans se donner la peine" pose un vrai problème. Elle laisse imaginer des étrangers profiteurs, ingrats, bénéficiant des avantages de vivre en France tout en restant dans un espace linguistique clos, communautaire, alors qu'il suffirait de faire l'effort de se tourner vers la France pour en écrire et parler la langue. "Sans se donner la peine" implique "avoir les moyens de" et en même temps "ne pas faire l'effort de". On commence à voir quels problèmes pose l'expression.
Est-ce si facile d'apprendre à écrire si l'on est adulte, analphabète, qui plus est dans une situation difficile, socialement, financièrement ? Existe-t-il des immigrés qui ne se donnent pas "la peine d'écrire et de parler le Français" alors qu'ils en auraient les moyens ? Sans doute. Y en a-t-il pour lesquels l'apprentissage de la langue et plus encore de l'écriture constitue une difficulté réelle ? C'est certain. Combien inadéquate pour ceux-là, cette phrase de Nicolas Sarkozy.
En réduisant la figure de l'étranger (en l'occurrence, tacitement, du maghrébin surtout, de l'africain en général) à son aspect le plus antipathique possible, cumulant toutes les caractéristiques les plus dérangeantes ou inacceptables, en réduisant les problèmes liés à l'immigration principalement et tacitement à la figure du musulman radical misogyne, le discours de Nicolas Sarkozy ne peut que conforter chez un raciste les caricatures qui alimentent sa phobie.
Encore une fois, nous voulons bien admettre les bonnes intentions de Nicolas Sarkozy.
Une dernière remarque : on peut ne pas parler le français entre soi. Que cela ne devienne pas un délit.
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La principale chose selon moi qu'on peut trouver à redire au système ambivalent aide-récompense / bâton-punition tel que formulé par Nicolas Sarkozy est la suivante : elle sous-tend une responsabilité parentale universelle indépendante des conditions sociales ou plus généralement des circonstances et contingences individuelles. Autrement dit : on considère