Toujours dans le même esprit : ce blog n'est pas du journalisme ni du militantisme . Il ne s'agit donc pas de discuter des faits (je n'ai de toute façon pas le temps de croiser les différentes versions pour établir de manière probable ces faits) ni d'apporter des jugements personnels.
Il s'agit de réfléchir sur ce qui est en jeu dans ces questions, accusations légitimes ou allégations gratuites, ou plus vraisemblablement quelque chose entre deux.
Qu'est-ce qu'on peut faire de ces informations ? Quels sont les enjeux qu'on peut distinguer sans rentrer dans la polémique médiatique, même sans prendre parti ?
Peut-être faut-il prendre parti, mais s'il y a des enjeux visibles sans prendre parti, alors nous pouvons les mettre en avant en s'adressant à tous, sarkozistes et anti-sarkozistes, de droite, de gauche, tirer une sonnette d'alarme commune, et demander une réflexion sur la prudence nécessaire à certaines évolutions.
La volonté de rupture, la volonté de faire bouger les choses, est tout à l'honneur, je pense, de Nicolas Sarkozy. Ce principe qui pousse régulièrement les politiques à vouloir incarner un changement nécessaire est sans doute un des moteurs principaux des évolutions politiques. Je suis convaincu que cette volonté est sincère, que le candidat de l'UMP veut véritablement apporter un changement pour le mieux. Mais le développement du prélèvement d'ADN peut-il participer de ce changement ?
Nous voulons montrer ici que le rapport entre les risques liés à la généralisation de cette technique et ce qu'elle apporte n'est pas si clair qu'il faille avancer les yeux fermés, confiant.
On ne peut pas développer le prélèvement ADN sans rappeler les risques liés à l'intrusion de l'Etat dans le corps des citoyens. Ce n'est pas être réfractaire au "progrès", à l'évolution des techniques et de la société.
Entre la volonté d'avancer, d'être plus efficace, plus en sécurité et celle de rappeler que les libertés individuelles tolèrent mal les intrusions, que les bonnes intentions peuvent avoir des conséquences désastreuses, il y a un dialogue possible et nécessaire, aujourd'hui absent, il y a un espace où on peut évoluer tout en restant vigilant.
Dans cette optique, l'affirmation récurrente de monsieur Nicolas Sarkozy insistant sur le fait qu'il n'a pas peur du changement, qu'il faut avancer résolument, est très préoccupante. Dans quelle mesure cette volonté sans doute bien intentionnée, et peut-être pertinente pour certains sujets, ne va-t-elle pas en occulter d'autres, où la prudence s'impose, et où au moins un débat nuancé, rappelant les risques, est nécessaire ?
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