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Mardi 30 janvier 2007
Petite introduction : rappel du but de ce blog

   Toujours dans le même esprit : ce blog n'est pas du journalisme ni du militantisme . Il ne s'agit donc pas de discuter des faits (je n'ai de toute façon pas le temps de croiser les différentes versions pour établir de manière probable ces faits) ni d'apporter des jugements personnels.
Il s'agit de réfléchir sur ce qui est en jeu dans ces questions, accusations légitimes ou allégations gratuites, ou plus vraisemblablement quelque chose entre deux.

   Qu'est-ce qu'on peut faire de ces informations ? Quels sont les enjeux qu'on peut distinguer sans rentrer dans la polémique médiatique, même sans prendre parti ?

   Peut-être faut-il prendre parti, mais s'il y a des enjeux visibles sans prendre parti, alors nous pouvons les mettre en avant en s'adressant à tous, sarkozistes et anti-sarkozistes, de droite, de gauche, tirer une sonnette d'alarme commune, et demander une réflexion sur la prudence nécessaire à certaines évolutions.



La volonté de rupture, la volonté de faire bouger les choses, est tout à l'honneur, je pense, de Nicolas Sarkozy. Ce principe qui pousse régulièrement les politiques à vouloir incarner un changement nécessaire est sans doute un des moteurs principaux des évolutions politiques. Je suis convaincu que cette volonté est sincère, que le candidat de l'UMP veut véritablement apporter un changement pour le mieux. Mais le développement du prélèvement d'ADN peut-il participer de ce changement ?
Nous voulons montrer ici que le rapport entre les risques liés à la généralisation de cette technique et ce qu'elle apporte n'est pas si clair qu'il faille avancer les yeux fermés, confiant.


On ne peut pas développer le prélèvement ADN sans rappeler les risques liés à l'intrusion de l'Etat dans le corps des citoyens. Ce n'est pas être réfractaire au "progrès", à l'évolution des techniques et de la société.

Entre la volonté d'avancer, d'être plus efficace, plus en sécurité et celle de rappeler que les libertés individuelles tolèrent mal les intrusions, que les bonnes intentions peuvent avoir des conséquences désastreuses, il y a un dialogue possible et nécessaire, aujourd'hui absent, il y a un espace où on peut évoluer tout en restant vigilant.


Dans cette optique, l'affirmation récurrente de monsieur Nicolas Sarkozy insistant sur le fait qu'il n'a pas peur du changement, qu'il faut avancer résolument, est très préoccupante. Dans quelle mesure cette volonté sans doute bien intentionnée, et peut-être pertinente pour certains sujets, ne va-t-elle pas en occulter d'autres, où la prudence s'impose, et où au moins un débat nuancé, rappelant les risques, est nécessaire ?


Pourquoi la question du prélèvement d'ADN dans l'affaire du scooter du fils Sarkozy est-elle préoccupante ?



Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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Dimanche 21 janvier 2007




 

 

   Epiméthée est un titan, le frère de Prométhée. Prométhée, littéralement le prévoyant, connaît ou devine les choses à l’avance, au contraire d'Epiméthée qui ne comprend les choses qu’ensuite. C’est Epiméthée qui crée les animaux à partir d’un nombre prédéfini de qualités, ne laissant quasiment rien pour l’homme. C’est lui qui, alors que son frère prudent l’a refusée, accueille Pandore.

 

Pourquoi cette référence ?

    Peut-être d’abord pour le côté loser d’Epiméthée.

   Certainement pas en référence à Pandore l’étourdie, femme ambivalente dont l’image pourrait tout à fait nourrir la misogynie actuelle.

   Ayant suivi une formation d’historien, j’aime l’image de celui qui voit ensuite, avec le recul du temps, avec la distance paradoxale qui nous sépare de personnages ou de cultures par rapport auxquels nous sommes à la fois héritiers et étrangers. Epimethée est aussi sous cet angle celui qui attend que les choses surviennent pour les analyser ; il peut être alors vu comme celui qui travaille non sur des conjectures, mais sur le réel soumis à sa perception, au ras du sol, au plus près du document.


   En fait, j’ai choisi Epiméthée principalement en réaction à l’image de Prométhée et à ce qu’elle pouvait représenter transposée dans le milieu des sciences humaines (sans doute pas seulement là). La vision d’un être qui porte la lumière à des hommes inférieurs, qui sait tout d’avance, c’est-à-dire qui a une emprise intellectuelle totale sur la réalité, correspond parfois en partie à l’attitude de l’intellectuel qui, ayant développé un système de pensée, oublie ou occulte son caractère partiel pour étendre ses conclusions à presque tout, et voir dans les critiques ou dans les thèses contradictoires un manque de compréhension de son travail et non des éléments complémentaires à son discours.

   A mon sens, l’historien (ou l’anthropologue, etc.) n’énonce pas la connaissance, il propose une interprétation, et doit convaincre de sa validité forcément relative. Plutôt que d’expliquer le monde ou des faits considérés comme majeurs avec une certitude fascinante, je préfère celui qui admet qu’il ne sait pas grand-chose, peut-être parce que c’est mon cas. Mais je crois aussi que ce pas grand-chose peut s’avérer fondamental, servir de levier efficient dans la réflexion.


Epimethée et le mythe

   On comprend que l’usurpation du nom d’Epimethée est ici un détournement, qui sélectionne dans la figure du titan les traits qui m’interpellent le plus. Au final, Epimethée devient celui qui, une fois le discours prononcé, cherche non à le juger à l’aune d’un intellect puissant et dans le vrai (figure prométhéenne), mais à déceler les mythes qui peuvent l’alimenter, se situant ainsi en deçà de la discussion politique, en deçà du jugement de la question de la vérité, pour rejoindre celle des possibles et des interrogations sans réponse, mais pas forcément de ce fait inutiles. On voit qu'une autre forme de mythe se met sans doute en place ici, qui simplifie peut-être, esthétise la méthode employée dans ces pages.

   Les Promethée sont sans aucun doute nécessaires ; je n’ai ni les moyens ni l’envie de jouer ce rôle. Pointer les mythes, démythifier, lever le voile de cohérence ou de persuasion d’un discours pour créer une distance intriguée et sceptique, voilà qui ne pourra être, je crois, que bénéfique. Peut-être à la condition qu'on ne s’y arrête pas : que cet angle ne devienne pas un nouveau mythe de vérité.


Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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Samedi 20 janvier 2007
Ce blog tire son origine de la volonté d'exprimer un malaise face à la campagne présidentielle actuelle en France. Des malaises pour être plus précis.

1 Une distance énervée vis-à-vis des discours de la majorité des média

2 Le sentiment de ne pas être vraiment représenté par un candidat ; c'est-à-dire une impossibilité d'adhésion sincère au programme d'un(e) présidentiable

3 Une inquiétude grandissante vis-à-vis de certaines actions ou paroles décomplexées du candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy


Comme je ne rencontre pas de réaction à la mesure de mes craintes dans les média (1), ni d'engagement politique satisfaisant pour relayer une lutte que je crois nécessaire contre certaines idées (2), j'ai décidé de les inscrire ici.

Je ne suis animé d'aucune animosité vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, quoique mes convictions ne me portent pas naturellement de son côté politique. Je veux bien partir du principe qu'il soit franc et n'aspire qu'au mieux-être des Français et du monde.
Les pistes qui vont être mises en avant ici ne consituent pas une attaque de sa personne, mais l'expression sans prétention de craintes nées de son action politique et de ses possibles conséquences.
Il ne s'agit ici pas de servir la vérité, ni d'énoncer des choses vraies là où tout le monde se tromperait. Il s'agit bien plutôt de déconstruire les vérités présentées telles par ce candidat ou par les media, de déconstruire ce qui semble naturel ou anecdotique pour s'interroger sur les possibles conséquences des événements qui nous sont contemporains.

Autrement dit, non énoncer ce qui doit être pensé mais pointer ce qui gagnerait à ne pas être pensé sans distance ou prudence.

Les critiques pertinentes formulées à l'égard de ce dernier sont souvent politisées, ou légèrement caricaturales. Autrement dit, elles existent surtout dans les discours d'extrême-gauche et/ou libertaires. Je ne critique pas ces discours, légitimes et sans aucun doute utiles. Mais j'ai toujours le sentiment qu'ils s'adressent plus aux personnes déjà convaincues qu'aux autres.

C'est sans doute là qu'il faut voir la véritable raison d'être de ce blog :

 
 
construire une réflexion ouverte à tous sur la possibilité d'une évolution dangereuse de la politique et de la société, et la part involontaire que pourraient avoir les déclarations de Nicolas Sarkozy dans ce processus.



Toute critique ou réflexion est la bienvenue.

 



pour la partie basse du montage, copiée sur yahoo actualités, je n'ai pu retrouver la source exacte : Copyright © REUTERS MOLT ou © AFP JOURNAL INTERNET
Par Epiméthée - Publié dans : epimethee
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