L'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République rend certainement beaucoup plus nécessaire encore l'analyse de ses discours. La caution supplémentaire, celle du suffrage universel, qui vient de leur être accordée ne peut manquer de contribuer à entériner les mythes développés par notre nouveau président - entre autres le choc des civilisations, la pédophilie génétique, le maghrébin caricatural, etc.- et par ailleurs suggère que ces mythes sont plus ou moins partagés par une grande partie de l'électorat.
Plus que précédemment donc, il faudra s'efforcer de reconnaître ces mythes pour ce qu'ils sont : la projection de valeurs, de craintes, de fantasmes sur la réalité ; cette projection ne se connaît pas elle-même, même quand les faits l'infirment.
Les heurts, et la répression radicale, qui ont accompagné l'élection de Nicolas Sarkozy ne vont ainsi pas être interprétés par l'intéressé comme un indice de sa propension à générer de la violence, comme nous le croyons et l'avons développé dans la plupart des articles précédents. Au contraire, le mythe s'en nourrira, sans doute en ramenant ces heurts à des conséquences improbables d'un mai 68 bouc-émissaire.
Et que faire d'autre sinon crier au mythe ?
Par Epiméthée
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Publié dans : epimethee
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